Lecture about Calais jungle

Etienne Hubin
Résumé de la conférence
A hauteur d’hommes
Regard sur les réfugiés
Introduction

Dernière image que j’ai faite dans ce qu’on a appelé la « Jungle de Calais ».

 Une impression obsédante de « vide »

 Enclave du tiers-monde à 250 km à peine de Paris

Face à ce vide, face aux barbelés et au mur nouvellement construit, je mepose beaucoup de questions :
 Peut-on rester indifférent ?

 Peut-on être intolérant ?

 Peut-on être insensible à la détresse, au désespoir qui jettent sur
les routes des êtres humains ?

 Que faire ?

 En regardant le vide, je ne peux m’empêcher de me demander où
sont les hommes ?

Chacune de mes photos poursuit un même but : rendre à ces réfugiés
leur humanité aux yeux des gens qui ne les connaissent pas, qui ne
comprennent pas leur démarche et qui donc, ont peur. Peur de l’Autre,
de l’Autre avec un grand « A ».

J’ai voulu porter un regard sobre et sensible, un regard qui donne à voir
les conditions de vie inacceptables.
Pour se rendre à Calais en venant de Belgique, on traverse la région de
l’Yser qui fut le théâtre sanglant du premier conflit mondial, il y a cent
ans.

 parallèle possible
J’ai alors imaginé des lettres qu’auraient pu écrire à un siècle d’intervalle,
un soldat français originaire de Calais et un réfugié d’Alep.

1. « London Calling »
A partir de cette photo, deux questions :
 Pourquoi Calais ?
 Pourquoi l’Angleterre ?
L’Angleterre = véritable aimant
 La langue et la communauté
 Dynamisme de l’économie anglaise

2. Amin, la vie dans les yeux…
Comment photographier ces hommes et ses femmes sans heurter leur
sensibilité, sans leur manquer de respect ?
= travail de longue haleine
Nécessité de prendre ces jeunes en photo pour « laisser une trace » de
leur passage, pour témoigner.

3. La jungle, laboratoire de la ville du XXIe siècle
Il y a presqu’une harmonie architecturale tant la structure de ces
cabanes se ressemble.
Avant son démantèlement, la jungle de Calais était plus qu’un bidonville,
il était plus qu’une ville. Il était le laboratoire de la ville du XXIe siècle.
Multiculturelle, mélange de hasard et de nécessité
On définit souvent l’architecture de la ville par ses trois permanences :
les rues, les monuments et les typologies d’habitat.
Ces trois éléments se sont fixés dans la jungle dès le début de son
existence.

Les habitants de la jungle, quelles que soient leurs origines, étaient
le plus souvent des urbains ayant bénéficié d’un bon niveau
d’éducation.

4. L’école laïque du chemin des Dunes
« Qui ouvre une école ferme une prison… »

Cette école est née d’une idée : celle de l’école de la liberté, de l’égalité,
de la fraternité, de la laïcité.
Qu’est-ce qu’une école dans un lieu de survie, un lieu de passage et de
fragilité ?

Un lieu d’apprentissage et de réconfort
Lieu de partage et de passage.

Non, l’indifférence n’est pas la seule réponse face à l’intolérable !

5. Mohammed, kurde irakien
Mohammed est né dans un village kurde non loin de Mossoul en 1994.

Conclusion : réaliser l’impossible, Grande-Synthe
En dehors de toute aide gouvernementale, la population s’est mobilisée
pour construire des cabanes en bois ; elle s’est prise en main et écrit
véritablement son histoire.

La « jungle » de Calais peut figurer l’avenir. Elle illustre ce qui attend les
Européens. L’immigration ne va pas cesser. Elle commence.